Solides et solidaires !


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Notre génération doit faire face à une double crise permanente économique et écologique.

L’AMAP est une excellente solution, une troisième voie d’une simplicité déconcertante : ‘permettre ensemble que ceux qui nous nourrissent puissent en vivre dans une démarche résolument écologique‘.

Choisir d’être producteur en AMAP c’est choisir de devenir un acteur privilégié de cette belle alternative à la résignation quotidienne.

Etre ou Avoir ?

Notre société nous assène sans répit que la possession et l’accumulation de biens matériels sont les clés du bonheur individuel, (avec option : ‘célébrité et paillettes’ 😎 ).

La fabrique industrielle d’individualistes hors-sol, citadins ‘sexy, fun & fashion’ …tuning …jusqu’au bout du string !

Peut-être est-il plus profitable finalement d’être lucide et solidaire, de se sentir bien dans ses bottes en faisant le choix de partager plutôt que de marchander par exemple.

 

Solides et solidaires 😉 ?!

Peut-être qu’il est préférable d’être, ensembles, co’acteurs du changement au quotidien par des actes concrets plutôt que de se perdre dans de ‘grandes résolutions théoriques’.

 

Et à notre AMAP, comment cela se passe-t-il concrètement ?

Voici un témoignage de notre historique à propos du partenariat entre producteur et consom’acteurs :

Il y a quelques temps, en pleine période de production, l’exploitation du maraîcher a subi des dommages matériels très importants sur les serres et les plantations en plein champ suite à une très forte grêle.

Sachant que chaque année il y a des imprévus en agriculture mais que des dégâts de cette importance n’arrivent en moyenne seulement qu’une fois par décennie…

Certaines exploitations en mono-culture sont assurées contre ce type de sinistres mais notre maraîcher, avec toute la biodiversité des cultures n’a pas trouvé d’assurance correspondant à cette spécificité.

Il a du faire face seul :

– aux dépenses imprévues de remise en culture urgente,

– aux re-investissements matériels sur les serres (non prévisibles dans le budget annuel du prix AMAP),

– aux problèmes de trésorerie, d’emprunts et d’agios dus à ces dépenses exceptionnelles et urgentes.

– à l’énorme excédent de travail (pour remettre en culture il faut aussi notamment enlever les cultures sinistrées, tenter de ‘soigner’ ce qui peut l’être, réparer les serres, etc.).

Quelques consom’acteurs de l’AMAP ont aussi un peu participé au soutien du producteur dans l’urgence afin qu’il puisse assurer la livraison des parts de récoltes (dès que cela à été possible).

Mais dans ce cas la solidarité partagée autour d’un projet commun n’a pas complètement fonctionné… Le producteur a subi la plus grande part du travail et des dépenses : seul !

 

Quelles solutions envisager pour que le partage des risques soit mieux réparti ?

– Constitution d’une cagnotte (provision) pour risque exceptionnel ?

– Prêt sans intérêt par un collectif plutôt que par une banque commerciale ?

– Vaut-il mieux finalement choisir de renoncer à soutenir une agriculture saine et de proximité …

– …Ou plutôt partager les risques en apportant seulement quelques euros par mois pour ce projet qui nous nourrit sainement au quotidien ?

 

Un choix qui appartient à chacun(e).

Et il y a certainement d’autres solutions à ajouter, mais en attendant ces hypothétiques solutions le maraîcher a fait seul l’avance de son énergie, de sa fatigue et de son argent, simplement par conscience professionnelle, pour continuer à livrer ses légumes malgré une récolte et un outil de travail détruit par les intempéries.

Attendre qu’une ‘loi’ ou qu’un ‘contrat’ nous ‘oblige’, attendre que ‘tout le monde se décide’ ?

Ou plutôt choisir en toute conscience que l’on peut ‘faire sa part’ même si l’on est le(la) seul(e), juste pour se sentir bien, par liberté de choix parce que l’on se sent concerné(e). Parce que l’on sait que l’on n’a rien à attendre de la société et des politiques agricoles actuelles et qu’il faut bien que quelques pionnier(e)s se retroussent les manches si l’on souhaite du changement et des alternatives.

C’est ce dernier type de solution qui nous rend heureux(se) de participer à notre AMAP. C’est aussi la rencontre d’autres personnes qui partagent ces valeurs.

C’est tout cela qui nous ressemble et qui nous rassemble aussi 🙂